Des consoles rétro vendues avec des jeux piratés déjà installés
Le lobby des éditeurs vise les machines rétro livrées avec des jeux piratés. Rien n’est interdit pour l’instant, et les consoles Analogue, sans jeu préinstallé, suivent une autre logique.

En bref
- L’ESA, qui représente Nintendo, Sony, Microsoft et Electronic Arts, a saisi l’administration américaine le 7 octobre 2026.
- Anbernic est cité nommément, mais Ars Technica évoque plutôt le rôle de revendeurs.
- Aucune interdiction n’est décidée : l’USTR n’a pas encore publié sa liste définitive.
- Les Analogue Super Nt+ et Mega Sg+ n’embarquent aucun jeu.
Certaines consoles rétro sont livrées avec un stockage déjà rempli de jeux, parfois par centaines ou par milliers, sans que les éditeurs aient donné leur accord. C’est ce que dénonce l’Entertainment Software Association (ESA), l’organisation qui porte la voix de Nintendo, Sony, Microsoft et Electronic Arts. Selon la RTBF, elle a sollicité le 7 octobre 2026 le gouvernement américain à propos de ces appareils.
Une démarche auprès de l’USTR
Le courrier est parvenu à l’Office of the United States Trade Representative (USTR), l’organisme qui pilote la politique commerciale des États-Unis. Dans ce texte, que VGC a relayé, l’ESA soutient que ces machines encouragent le piratage et font de l’ombre aux offres commerciales des éditeurs.
Cette démarche se rattache à la Notorious Markets List. Chaque année, les autorités américaines actualisent ce répertoire de sites et de places de marché suspectés d’encourager la piraterie ou la contrefaçon. L’USTR y porte cette fois une attention particulière aux « superfakes », ces imitations impossibles à distinguer des articles authentiques.
Pourquoi l’ESA assimile ces consoles à des contrefaçons
Pour l’ESA, le problème vient du contenu : une carte mémoire ou un stockage interne peut déjà renfermer des jeux piratés. Le joueur n’a alors qu’à mettre la machine sous tension, sans aucun téléchargement.

Le constructeur chinois Anbernic, qui fabrique des portables rétro, figure expressément dans la démarche. L’ESA assure que ses produits se vendent de façon régulière avec des cartes remplies de jeux piratés. Ars Technica apporte cependant une précision : ces cartes sont, d’après le site, souvent insérées par des revendeurs et non par le fabricant. Ces consoles restent donc légales en tant que telles, tout comme l’émulation, technique qui fait tourner de vieux titres sur du matériel récent.
Les demandes de l’ESA et le précédent italien
Le chiffre italien de septembre 2024 est approximatif : il s’agit de près de ces 12 000 appareils. Plus récemment, un YouTubeur italien a été ciblé à cause de ses vidéos consacrées aux consoles de jeux rétro ; il dit encourir de 3 mois à 6 ans de prison.
D’après VGC, l’ESA souhaite un renforcement des vérifications :
- un contrôle du contenu des cartes mémoire ;
- la preuve, fournie par les vendeurs, qu’ils sont autorisés à proposer ces jeux ;
- des sanctions de la part des plateformes contre les vendeurs qui enfreignent les règles.
Rien ne change pour l’instant, et les Analogue sont à part
Le 16 octobre 2026, l’américain Analogue a annoncé le retour de deux consoles rétro, qui reposent sur un principe différent des machines visées par l’ESA : aucun jeu n’y est préinstallé.
| Console | Jeux compatibles | Particularité |
|---|---|---|
| Analogue Super Nt+ | Cartouches Super Nintendo | Cartouches originales requises |
| Analogue Mega Sg+ | Notamment jeux Mega Drive | Cartouches originales requises |
Le site d’Analogue précise que ces deux appareils s’appuient sur la technologie FPGA, qui recrée le comportement des consoles d’autrefois. Pour en profiter, il faut donc posséder les cartouches d’origine.
Photo : Kevin Malik / Pexels



